Face à une lésion du ménisque, beaucoup de patients pensent que l'opération est inévitable. C'est une idée reçue. Aujourd'hui, la priorité des chirurgiens est au contraire de préserver le ménisque autant que possible. Explications.
À quoi sert le ménisque ?
Le genou possède deux ménisques, interne et externe, de petits fibrocartilages en forme de croissant intercalés entre le fémur et le tibia. Ils jouent le rôle d'amortisseurs : ils répartissent les charges, absorbent les chocs et participent à la stabilité du genou. Leur préservation est essentielle, car un genou privé de ménisque s'use plus vite et développe de l'arthrose.
Deux types de lésions, deux prises en charge
La distinction fondamentale oppose les lésions stables et instables.
Une lésion stable, souvent dégénérative, est liée au vieillissement du ménisque. Elle s'accompagne fréquemment d'une usure du cartilage. Elle provoque des douleurs et parfois un épanchement, mais ne bloque pas le genou. Ce type de lésion relève en priorité d'un traitement non chirurgical.
Une lésion instable, souvent traumatique, détache un fragment de ménisque qui peut se coincer dans l'articulation et provoquer un blocage du genou, très douloureux. C'est ce type de lésion qui relève de la chirurgie.
Le traitement médical d'abord
Pour les lésions stables et dégénératives, le traitement médical est privilégié : repos articulaire, antalgiques, cryothérapie. Lorsqu'une usure du cartilage y est associée, les injections de PRP peuvent apporter un bénéfice sur la douleur et l'environnement articulaire. Beaucoup de patients s'améliorent ainsi sans passer par la chirurgie.
« Sauver le ménisque » : la philosophie moderne
Quand la chirurgie est nécessaire, l'objectif a radicalement changé. Autrefois, on retirait volontiers le ménisque abîmé (méniscectomie). On sait aujourd'hui que cela accélère l'arthrose. La Société Francophone d'Arthroscopie a lancé la campagne « Sauvons les ménisques », que le Dr Charousset applique au quotidien.
La priorité est donc à la suture méniscale : plutôt que retirer le ménisque, on le répare pour le conserver. Cette réparation n'est toutefois possible que dans les zones vascularisées du ménisque, proches de la capsule, car seul un tissu irrigué peut cicatriser. Lorsque la suture n'est pas possible, on se limite à retirer le strict minimum (régularisation économe).
Comment se passe l'intervention ?
La chirurgie méniscale est réalisée sous arthroscopie, en ambulatoire. Les suites dépendent du geste : après une régularisation, la reprise est rapide, en quelques semaines. Après une suture méniscale, la protection est plus longue, car le ménisque réparé doit cicatriser, avec une reprise progressive sur plusieurs mois. Ce délai plus long est un investissement : préserver le ménisque protège durablement le genou.
En résumé
Une lésion du ménisque ne s'opère pas toujours, loin de là. Les lésions stables et dégénératives se traitent le plus souvent sans chirurgie. Quand une opération est nécessaire, l'objectif est de préserver le ménisque par une suture chaque fois que c'est possible, pour protéger le genou de l'arthrose. Là encore, seul un bilan précis permet de décider.

Dr Christophe Charousset
Chirurgien orthopédiste, épaule et genou, Paris 8e
Plus de 25 ans d'expérience, concepteur de la prothèse d'épaule ISA et pionnier du PRP en France depuis 2008.
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Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale.
