La rupture du ligament croisé antérieur est la blessure emblématique du sport. Dès le diagnostic posé, une question s'impose : faut-il obligatoirement l'opérer ? Contrairement à une idée répandue, la chirurgie n'est pas systématique. Tout dépend de vous.
Le rôle du ligament croisé antérieur
Le ligament croisé antérieur (LCA) est le verrou central du genou : il empêche le tibia d'avancer par rapport au fémur et contrôle la rotation. Il est indispensable à la stabilité du genou dans les mouvements de pivot. Il se rompt le plus souvent lors d'un changement de direction brutal, d'une réception de saut ou d'un traumatisme sportif, dans les sports à pivot comme le football, le rugby, le ski, le handball ou le basket.
Une fois rompu, le LCA ne cicatrise jamais spontanément. Le genou perd alors son verrou central, ce qui peut entraîner une instabilité, avec des épisodes de dérobement.
Opérer ou non : la décision dépend de vous
C'est le point clé : l'absence de ligament croisé n'est pas toujours un problème. La décision d'opérer, appelée ligamentoplastie, dépend de plusieurs facteurs personnels.
On reconstruit généralement le LCA si :
- vous êtes jeune et sportif ;
- vous souhaitez reprendre un sport de pivot (football, rugby, ski, handball) ;
- votre genou se dérobe dans la vie quotidienne.
On peut parfois éviter la chirurgie si :
- vous êtes peu sportif ;
- vous acceptez d'adapter vos activités ;
- un travail musculaire bien conduit suffit à stabiliser le genou.
Le vrai enjeu : protéger les ménisques et le cartilage
Ce qui décide souvent, c'est moins le ligament lui-même que ses conséquences. Un genou instable qui se dérobe abîme, à chaque épisode, les ménisques et le cartilage. Or ces structures, elles, ne se réparent pas aussi bien. C'est pour préserver l'avenir du genou et prévenir l'arthrose que la reconstruction est souvent recommandée chez les patients actifs.
Comment se déroule la ligamentoplastie ?
L'intervention consiste à remplacer le ligament rompu par une greffe prélevée sur le patient lui-même, positionnée précisément à la place du LCA et fixée solidement. Elle est réalisée sous arthroscopie, en chirurgie ambulatoire. Le Dr Charousset utilise le test de laximétrie GNRB, un appareil qui mesure objectivement la stabilité du genou, avant l'opération pour confirmer le diagnostic, et après pour valider le résultat.
La rééducation et le retour au sport
La rééducation est longue et déterminante. Elle protège d'abord la greffe le temps de son intégration, restaure les amplitudes et la force, puis réentraîne progressivement le genou aux contraintes sportives. Le retour aux sports à pivot se fait généralement entre 6 et 9 mois, une fois la stabilité validée et la force récupérée. La patience est ici un facteur de réussite : reprendre trop tôt expose à la re-rupture.
En résumé
La rupture du ligament croisé n'impose pas systématiquement une opération. Chez un patient jeune, sportif ou dont le genou se dérobe, la reconstruction protège l'articulation et permet le retour au sport. Chez un patient peu sportif acceptant d'adapter ses activités, un traitement non chirurgical peut suffire. La décision se prend toujours à deux, après un examen précis.

Dr Christophe Charousset
Chirurgien orthopédiste, épaule et genou, Paris 8e
Plus de 25 ans d'expérience, concepteur de la prothèse d'épaule ISA et pionnier du PRP en France depuis 2008.
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Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale.
