Face à une douleur articulaire, plusieurs types d'injections existent. Corticoïdes, acide hyaluronique, PRP : lesquels choisir, et dans quelles situations ? Voici un comparatif clair pour comprendre les différences et leurs indications respectives.
Trois traitements, trois logiques différentes
Ces trois injections n'agissent pas de la même façon et ne répondent pas aux mêmes situations. L'une calme l'inflammation, l'autre lubrifie l'articulation, la troisième stimule la réparation. Les confondre conduit à de mauvaises attentes. Voyons chacune en détail.
Les corticoïdes : calmer la crise
L'infiltration de corticoïdes est un puissant anti-inflammatoire. Son intérêt : soulager rapidement et efficacement une poussée douloureuse aiguë, une crise inflammatoire. Son effet est rapide mais transitoire, et les corticoïdes ne doivent pas être répétés trop souvent, car ils peuvent à la longue fragiliser les tissus, notamment les tendons. C'est un traitement de crise, pas un traitement de fond.
Indication principale : crise inflammatoire aiguë, douleur intense à calmer rapidement.
L'acide hyaluronique : lubrifier l'articulation
L'acide hyaluronique agit comme un lubrifiant et un amortisseur : il vise à améliorer la viscosité du liquide articulaire (on parle de viscosupplémentation). Il est surtout proposé dans l'arthrose, en dehors des poussées inflammatoires. Son efficacité est réelle chez certains patients, mais les études la jugent variable et souvent inférieure à celle du PRP.
Indication principale : arthrose établie, en dehors des crises.
Le PRP : stimuler la réparation
Le PRP (Plasma Riche en Plaquettes) est le seul des trois à viser la régénération des tissus. Issu du sang du patient, il libère des facteurs de croissance qui stimulent la cicatrisation naturelle. Il agit sur la douleur et la fonction, avec un effet plus durable que les autres injections. Il a été démontré supérieur à l'acide hyaluronique dans l'arthrose du genou, et il est aussi efficace dans les tendinites chroniques et certaines lésions.
Indication principale : arthrose légère à modérée, tendinites chroniques, lésions partielles.
Tableau comparatif
| Critère | Corticoïdes | Acide hyaluronique | PRP |
|---|---|---|---|
| Action | Anti-inflammatoire | Lubrifiant | Régénérateur |
| Vitesse d'effet | Rapide | Progressive | Progressive (3 à 6 sem.) |
| Durée de l'effet | Courte | Moyenne | Plus longue |
| Meilleure indication | Crise aiguë | Arthrose établie | Arthrose modérée, tendinite |
| Origine | Médicament | Produit injectable | Sang du patient (autologue) |
Alors, lequel choisir ?
Il n'y a pas de « meilleur » traitement dans l'absolu : il y a le bon traitement pour la bonne situation. Une crise inflammatoire aiguë se calme avec des corticoïdes. Une arthrose modérée douloureuse relève souvent du PRP, aujourd'hui privilégié pour son efficacité et sa durée d'action. L'acide hyaluronique garde sa place chez certains patients. Le choix se fait toujours après un diagnostic précis, en fonction de la pathologie, de son stade et du profil du patient.
En résumé
Corticoïdes, acide hyaluronique et PRP sont trois outils différents et complémentaires. Les corticoïdes traitent la crise, l'acide hyaluronique lubrifie l'arthrose, le PRP stimule la réparation avec un effet durable. Le bon choix dépend de votre situation, et c'est l'examen par un spécialiste qui permet de le déterminer.

Dr Christophe Charousset
Chirurgien orthopédiste, épaule et genou, Paris 8e
Plus de 25 ans d'expérience, concepteur de la prothèse d'épaule ISA et pionnier du PRP en France depuis 2008.
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Cet article a une vocation informative et ne remplace pas une consultation médicale.
