
Quand le calcium se dépose dans les tendons de la coiffe

« Les calcifications inquiètent souvent plus qu'elles ne le méritent. La majorité se résorbent seules ou répondent à une ponction échoguidée. La chirurgie reste l'exception, réservée aux échecs prolongés. »
La tendinopathie calcifiante correspond au dépôt de cristaux de calcium au sein d'un ou plusieurs tendons de la coiffe des rotateurs, le plus souvent dans le tendon du sus-épineux. Ces dépôts, de taille variable (de quelques millimètres à plus d'un centimètre), modifient la structure du tendon et peuvent provoquer des douleurs parfois extrêmement intenses. Il s'agit d'une pathologie fréquente, qui touche préférentiellement les adultes entre 30 et 50 ans, avec une légère prédominance féminine.
L'origine exacte de ces calcifications reste imparfaitement comprise, mais on sait qu'elles suivent un cycle naturel en plusieurs phases. Une phase de formation silencieuse, où le calcium se dépose progressivement sans douleur. Une phase de repos où la calcification est stable. Puis une phase de résorption, la plus douloureuse, pendant laquelle l'organisme tente d'éliminer le dépôt : la calcification devient inflammatoire, parfois liquide, et peut même migrer dans la bourse sous-acromiale, déclenchant une crise hyperalgique. Fait important à connaître : beaucoup de calcifications finissent par disparaître spontanément.
Le tableau clinique est variable. Certaines calcifications sont totalement asymptomatiques, découvertes par hasard sur une radiographie. D'autres provoquent des douleurs chroniques modérées de l'épaule, majorées par les mouvements et la nuit. Enfin, la crise aiguë de résorption réalise un tableau spectaculaire : douleur brutale, intense, permanente, rendant tout mouvement de l'épaule impossible, parfois accompagnée d'une légère fièvre. Cette crise, bien que très pénible, est souvent le signe que la calcification est en train de se résorber.
Le diagnostic est simple et repose avant tout sur la radiographie standard, qui visualise directement la ou les calcifications sous forme d'opacités denses au sein de la coiffe. L'échographie confirme la localisation et guide un éventuel geste. L'IRM ou l'arthroscanner ne sont utiles que dans les cas complexes ou pour rechercher une lésion tendineuse associée avant une chirurgie.
Le traitement est d'abord médical dans la grande majorité des cas. Il associe antalgiques et anti-inflammatoires, repos relatif, et rééducation douce. Les infiltrations de corticoïdes calment efficacement les poussées inflammatoires. Une technique spécifique, la ponction-aspiration échoguidée (ou trituration), permet de fragmenter et d'aspirer la calcification à l'aiguille sous contrôle échographique. Ces traitements, combinés à l'évolution naturelle souvent favorable, permettent d'éviter la chirurgie dans la plupart des cas.
Lorsque la calcification persiste, reste volumineuse et continue de provoquer des douleurs invalidantes malgré un traitement médical bien conduit, le Dr Charousset propose une résection arthroscopique. Par de petites incisions, il localise la calcification dans le tendon, l'incise et évacue le dépôt calcique, puis nettoie la zone. Si nécessaire, une acromioplastie complémentaire est réalisée. L'intervention est rapide, réalisée en chirurgie ambulatoire.
Les suites de la résection arthroscopique sont généralement simples et la reprise d'activité rapide. Une rééducation légère est débutée précocement pour récupérer les amplitudes. La disparition de la calcification s'accompagne le plus souvent d'une disparition durable des douleurs. Les résultats de cette chirurgie sont très satisfaisants dès lors que l'indication a été correctement posée après échec du traitement médical.
Certaines vidéos présentent des images chirurgicales pouvant heurter la sensibilité de certaines personnes.
Calcification de l'épaule sous arthroscopie et injection de PRP
Ablation de la calcification et injection régénérative.
Le Dr Charousset vous reçoit à l'IOAPC, 23 rue de Courcelles, Paris 8e.