
Coiffe des rotateurs : de la tendinite à la rupture

« Toute rupture de coiffe ne se répare pas systématiquement. Mon rôle est de distinguer, patient par patient, ce qui relève du PRP, de la rééducation ou de la réparation arthroscopique. J'opère quand c'est nécessaire, pas par principe. »
La coiffe des rotateurs est l'ensemble des tendons qui enveloppent la tête de l'humérus et permettent de lever et de faire tourner le bras. Elle constitue le point faible de l'épaule : sollicitée à chaque geste du quotidien comme dans la pratique sportive, elle s'use avec le temps et peut se léser. Les pathologies de la coiffe représentent le premier motif de consultation en chirurgie de l'épaule et une part importante des consultations de médecine générale pour douleur d'épaule.
Avec l'âge ou les sollicitations répétées, l'espace situé entre la tête de l'humérus et l'acromion (le toit osseux de l'épaule) peut se réduire. Les tendons de la coiffe, en particulier le sus-épineux, viennent alors frotter contre l'acromion à chaque élévation du bras : c'est le conflit sous-acromial. Ce frottement chronique irrite le tendon, provoque une inflammation et prépare le terrain à l'usure puis à la rupture. Un bec osseux (excroissance sous l'acromion) aggrave souvent ce conflit.
Au stade initial, l'atteinte se limite à une tendinite : le tendon est inflammatoire, douloureux, mais encore intact. La douleur siège sur le dessus et le côté de l'épaule, irradie parfois vers le bras, et se réveille typiquement la nuit, beaucoup de patients ne peuvent plus dormir sur l'épaule atteinte. Les gestes bras au-dessus de l'horizontale (se coiffer, attraper un objet en hauteur) deviennent douloureux. À ce stade, un traitement médical bien conduit permet souvent la guérison sans chirurgie.
Si l'usure progresse, le tendon finit par se déchirer : c'est la rupture de la coiffe des rotateurs. On distingue les ruptures partielles (le tendon n'est atteint que sur une partie de son épaisseur) et les ruptures transfixiantes (le tendon est rompu sur toute son épaisseur, créant une communication entre l'articulation et l'espace sous-acromial). La rupture peut être dégénérative (usure progressive après 50 ans) ou traumatique (chute, faux mouvement, port de charge). Elle se traduit par une douleur, mais surtout par une perte de force : difficulté à maintenir le bras levé, à porter, parfois impossibilité complète de lever le bras dans les grandes ruptures.
L'examen clinique réalisé par le Dr Charousset teste chaque tendon de la coiffe par des manœuvres spécifiques qui reproduisent la douleur ou objectivent la perte de force. Le bilan est complété par une imagerie : la radiographie recherche un bec acromial ou une ascension de la tête humérale (signe de grosse rupture), l'échographie visualise le tendon de façon simple, et surtout l'IRM ou l'arthroscanner précisent la taille, la localisation et le caractère réparable de la rupture. Cette évaluation précise est indispensable pour décider du traitement.
Toute pathologie tendineuse débute par un traitement médical : repos relatif, adaptation des activités, antalgiques et anti-inflammatoires, et surtout rééducation guidée par un kinésithérapeute pour recentrer la tête humérale et renforcer les muscles. Les infiltrations de corticoïdes peuvent calmer une poussée douloureuse. Dans les tendinites rebelles et les ruptures partielles, le Dr Charousset propose une injection de PRP (Plasma Riche en Plaquettes) sous échographie : cette technique de médecine régénérative, qu'il a introduite en France en 2008, stimule la cicatrisation naturelle du tendon et permet souvent d'éviter ou de retarder la chirurgie.
Lorsque le traitement médical échoue ou face à une rupture transfixiante chez un patient actif, la réparation chirurgicale sous arthroscopie est indiquée. Par de petites incisions de quelques millimètres, le Dr Charousset réintroduit le tendon rompu à sa place sur la tête de l'humérus et le fixe à l'aide de petites ancres insérées dans l'os. Il réalise dans le même temps une acromioplastie si nécessaire (rabotage du bec osseux pour libérer l'espace sous-acromial). L'intervention se déroule en chirurgie ambulatoire, avec retour à domicile le soir même.
Après l'intervention, le bras est immobilisé dans une attelle pendant plusieurs semaines pour protéger la réparation le temps que le tendon cicatrise sur l'os. La rééducation, débutée rapidement et poursuivie plusieurs mois, est déterminante pour le résultat final : elle vise à récupérer les amplitudes puis la force. La reprise des activités sportives se fait progressivement, généralement entre 4 et 6 mois selon la taille de la rupture et le sport pratiqué. Les résultats de la réparation arthroscopique de la coiffe sont excellents lorsque l'indication est bien posée et la rééducation bien suivie.
Trois interventions filmées par le Dr Charousset qui illustrent les techniques modernes de réparation tendineuse sous arthroscopie.
Certaines vidéos présentent des images chirurgicales pouvant heurter la sensibilité de certaines personnes.
Réparation des tendons de la coiffe avec patch biologique et injection de PRP
Renforcement biologique pour les ruptures étendues.
Suture de la coiffe des rotateurs et injection de PRP
Suture arthroscopique standard associée au PRP.
Réparation sous arthroscopie d'une rupture de coiffe des rotateurs
Technique de réinsertion tendineuse mini-invasive.
Le Dr Charousset vous reçoit à l'IOAPC, 23 rue de Courcelles, Paris 8e.