
L'arthrose de la petite articulation entre clavicule et omoplate

« C'est une articulation minuscule mais qui peut réellement gâcher la vie d'un patient, notamment sportif de force. La résection arthroscopique est aujourd'hui simple, discrète et très efficace quand l'indication est bien posée. »
L'articulation acromio-claviculaire relie l'extrémité externe de la clavicule à l'acromion, une partie de l'omoplate qui forme le sommet de l'épaule. C'est une petite articulation plane, peu mobile, contenant un mince ménisque fibro-cartilagineux. Bien que discrète, elle participe à la mobilité globale de l'épaule et se trouve très sollicitée dans les mouvements du bras au-dessus de la tête et dans le port de charges.
L'arthropathie acromio-claviculaire désigne l'usure de cette articulation, autrement dit son arthrose. Le cartilage qui recouvre les surfaces de contact s'use, l'articulation se pince, des becs osseux (ostéophytes) se forment. Ces ostéophytes, situés juste au-dessus des tendons de la coiffe des rotateurs, peuvent d'ailleurs contribuer au conflit sous-acromial et aggraver une pathologie de la coiffe. L'arthropathie acromio-claviculaire est fréquente et souvent associée à d'autres atteintes de l'épaule.
L'usure peut être primitive, liée à l'âge et aux sollicitations répétées, notamment chez les personnes qui pratiquent des activités bras au-dessus de la tête ou du port de charges lourdes (travailleurs manuels, sportifs de force, adeptes de la musculation). Elle peut aussi être secondaire à un traumatisme ancien de l'articulation, en particulier une luxation acromio-claviculaire mal consolidée qui laisse l'articulation instable et évolue vers l'arthrose.
Le symptôme principal est une douleur localisée précisément au sommet de l'épaule, sur l'articulation elle-même, que le patient peut souvent désigner du doigt. Cette douleur est réveillée par les mouvements qui sollicitent l'articulation : passer le bras devant le corps (adduction horizontale), dormir sur l'épaule, réaliser des mouvements bras en l'air. La palpation directe de l'articulation est douloureuse, ce qui aide au diagnostic.
L'examen clinique retrouve une douleur élective à la palpation de l'articulation et lors des manœuvres qui la mettent en tension. La radiographie confirme l'arthrose en montrant le pincement de l'interligne et les ostéophytes. En cas de doute ou pour rechercher une atteinte associée de la coiffe, une IRM ou un arthroscanner sont réalisés. Un test simple et utile : l'infiltration test d'anesthésique local dans l'articulation, qui, si elle soulage la douleur, confirme que l'articulation acromio-claviculaire est bien la source des symptômes.
Le traitement est d'abord médical : adaptation des activités en évitant les gestes déclenchants, antalgiques et anti-inflammatoires, et infiltrations de corticoïdes dans l'articulation qui apportent souvent un soulagement durable. Ces mesures suffisent dans un grand nombre de cas et permettent d'éviter la chirurgie.
Lorsque les douleurs persistent malgré un traitement médical bien conduit, le Dr Charousset propose une résection arthroscopique de l'extrémité latérale de la clavicule. Le principe : réséquer sous arthroscopie quelques millimètres de l'extrémité externe de la clavicule pour supprimer le contact osseux douloureux, tout en préservant les ligaments qui assurent la stabilité. Réalisée par de petites incisions, cette intervention supprime la source de la douleur sans déstabiliser l'épaule. Elle est souvent associée au traitement d'une pathologie de la coiffe dans le même temps opératoire.
L'intervention se déroule en chirurgie ambulatoire. Les suites sont généralement simples, avec une rééducation précoce pour récupérer rapidement les amplitudes. La reprise des activités est rapide, la disparition de la douleur au sommet de l'épaule étant en règle générale obtenue. Les résultats de la résection arthroscopique sont fiables et durables.
Le Dr Charousset vous reçoit à l'IOAPC, 23 rue de Courcelles, Paris 8e.