
L'usure du cartilage sous la rotule

« La chondropathie rotulienne se traite d'abord par la rééducation. Quand la douleur persiste, le PRP est une option efficace avant d'envisager une chirurgie de réaxation. »
La chondropathie rotulienne désigne l'atteinte du cartilage qui recouvre la face postérieure de la rotule et la gorge du fémur dans laquelle elle glisse (la trochlée). Ce cartilage, qui devrait assurer un glissement parfaitement lisse de la rotule lors des mouvements de flexion-extension, se ramollit, se fissure puis s'use. La chondropathie est une cause fréquente de douleur du genou, en particulier chez le sujet jeune et sportif, et chez la femme.
La rotule et la trochlée fémorale forment le compartiment fémoro-patellaire, l'un des trois compartiments du genou. À chaque flexion du genou, la rotule est plaquée contre le fémur avec une force qui augmente considérablement avec l'angle de flexion : monter un escalier, s'accroupir ou se relever d'un siège bas soumettent ce cartilage à des pressions élevées. C'est ce qui explique le caractère très spécifique des douleurs de chondropathie.
La chondropathie peut être primitive (usure du cartilage sans cause anatomique évidente) ou favorisée par un défaut d'alignement de l'appareil extenseur : une rotule qui ne glisse pas parfaitement dans sa gorge (mauvais centrage rotulien), une trochlée trop plate, une rotule trop haute, ou un mauvais équilibre musculaire du quadriceps. Les micro-traumatismes répétés du sport, les séquelles d'une luxation de rotule ou un surpoids sont également des facteurs favorisants.
La douleur de chondropathie rotulienne est caractéristique : elle siège à l'avant du genou, autour ou derrière la rotule. Elle est déclenchée par les situations qui sollicitent le compartiment fémoro-patellaire : montée et surtout descente des escaliers, position accroupie, station assise prolongée genou fléchi (le fameux « signe du cinéma » : douleur après être resté longtemps assis). On peut ressentir des craquements (crépitations) et parfois une sensation d'accrochage lors des mouvements.
L'examen clinique retrouve une douleur à la palpation et à la mobilisation de la rotule, et reproduit la douleur lors des manœuvres de mise en pression du cartilage. La radiographie, avec des incidences spécifiques (vue axiale de la rotule), analyse le centrage rotulien et la morphologie de la trochlée. L'IRM ou l'arthroscanner évaluent précisément l'état du cartilage (profondeur et étendue de l'usure), classée en plusieurs grades de gravité croissante.
Le traitement est avant tout médical et prolongé. Sa pierre angulaire est la rééducation : un renforcement musculaire ciblé du quadriceps (en particulier son faisceau interne) pour améliorer le centrage de la rotule, associé à des étirements et à un travail proprioceptif. On y associe des semelles orthopédiques en cas de trouble de la statique, l'adaptation des activités et la perte de poids si nécessaire. Dans les formes douloureuses persistantes, le Dr Charousset propose des injections de PRP dans le genou : cette technique régénérative agit favorablement sur le cartilage et la douleur, et représente une option de choix avant d'envisager la chirurgie.
La chirurgie n'est envisagée qu'en cas d'échec du traitement médical bien conduit et lorsqu'il existe un désordre anatomique corrigeable. Sous arthroscopie, le Dr Charousset peut réaliser un nettoyage et une régularisation des lésions cartilagineuses instables (abrasion). Lorsque la chondropathie est liée à un mauvais centrage rotulien avéré, une intervention de réaxation de l'appareil extenseur (comme une ostéotomie de la tubérosité tibiale antérieure, qui repositionne le point d'attache du tendon rotulien) peut être indiquée pour corriger la cause mécanique.
Les suites dépendent du geste réalisé. Après un geste arthroscopique simple, la reprise est relativement rapide avec une rééducation centrée sur le renforcement et le centrage rotulien. Après une réaxation osseuse, la protection est plus longue le temps de la consolidation. Dans tous les cas, la rééducation reste l'élément déterminant du résultat, et le patient joue un rôle actif majeur dans la récupération par son travail musculaire régulier.
Le Dr Charousset vous reçoit à l'IOAPC, 23 rue de Courcelles, Paris 8e.